Ce blog est en quelque sorte le prolongement de Net plus Ultra, livre co-écrit avec Laurent Quéré et retraçant les conversations sur Internet d'un groupe de trentenaires pendant 3 ans
Au début je voulais faire un worst-of de l’année 2006, les dernières semaines de l’exercice donnant à certains l’occasion de s’illustrer ; puis le temps a passé mais reprenons… :
1/ l’administration Bush : bien que de plus en plus isolée elle envoie toujours plus de troupes en Irak de nouvelles ; pourtant « Avec 94 journalistes tués dans des zones de conflits ou de troubles intérieurs, l’année 2006 est la plus meurtrière pour la presse depuis que les statistiques existent. L’Irak a été cette année, le pays le plus meurtrier avec 48 morts (soit le double par rapport à 2005) devant les Philippines (10). Jamais aucun conflit n’a fait autant de victimes parmi les journalistes depuis la seconde guerre mondiale puisque au moins 103 journalistes ont été tués en Irak dans l’exercice de leurs fonctions depuis avril 2003 ». Bravo cette guerre aura au moins donné l’occasion battre des records pour le Guinness. On parle des journalistes, mais il me semble qu’il y a eu quelques autres dommages collatéraux non ? J’aimerais savoir ce que pensent les chantres de la guerre de l’époque (Kouchner, BHL…) lorsqu’ils lisent ceci….
2/ Margaret Thatcher : au moment de la mort de Pinochet, l’ensemble de la classe politique mondiale, un brin gênée, a dû réagir à demi-mot, à part bien sûr Madame Thatcher qui sortit de sa tombe pour souligner la disparition d’un grand homme.
3/ Mahmoud Ahmadinejad : en décembre le président iranien avait ouvert une conférence sur la Shoa « mythe ou réalité ? », avant de multiplier depuis les déclarations belliqueuses sur Israël visant à sa souhaitable disparition de la carte. Celui-là est vraiment taré, dernier avatar pour un peuple qui a déjà morflé sous les régimes précédents. Un aperçu original de l’histoire dramatique de l’Iran est exposé dans le film Persépolis, dessin animé de l’auteure de BD Marjane Satrapi. Elle y retrace avec talent sa jeunesse en Iran sous la dictature du Chah puis de Khomeni, avant l’exil, le retour… L’humour, la poésie pour seules armes de survie ne font oublier le drame qui se noue. Une réussite. Il paraît que le régime cherche déjà à le censurer dans certains pays…
4/ Eric Besson : admettons qu’il se brouille avec Ségolène Royal et qu’il donne sa démission du PS sur un coup de tête. Le grotesque survient déjà quand il en fait un livre. Ca devient un sport national que de publier à la moindre contrariété maintenant. Vu la rapidité de l’opération on se demande même si le livre n’a pas justifié le clash et non l’inverse. Ensuite il aurait pu se contenter, dans l'intimité d'un isoloir, de voter contre Ségolène... mais qu'il s'en vante et annonce son soutien à Sarkozy est totalement inepte, bête et méchant et relève d'un manque de classe et d’intégrité caractérisé, d'un reniement de soi. Le comble c’est qu’au lieu de passer aux yeux de tous pour une ordure il en tire bénéfice puisque l’UMP lui offre une tribune aux meeting de Sarkozy puis un poste au gouvernement ! (entre traîtres on se reconnaît finalement…) Mais une fois encore, par pur opportunisme, la classe politique se discrédite totalement dans cette affaire ; comment la droite peut-elle adouber un mec pareil, qui change de camp de manière aussi soudaine que puérile ? ? Pas grave, sauf surfer sur la vague du moment, tout est bon pour humilier l’adversaire… Mais où sont les convictions, le sérieux de la fonction là-deddans ??
5/ le journal de Roland-Garros : là encore il suffit de reprendre Net plus ultra (qui fait autorité en de nombreux domaines) quand Laurent Quéré évoque déjà en 2001 « la nullité coutumière de ce journal, avec peu d’images de tennis et beaucoup d’à-côtés ». Ca n’a pas changé et c’est mê de pire en pire. Entre diverses séquences « comiques » on peut glaner qq échanges tennistiques mais on n’a qu’une vague idée de la manière dont s’est déroulé un match, comme de la frimousse de joueuses pourtant arrivées en quarts par exemple (c’est vrai que les visières n’aident pas !). Cela fut surtout flagrant dans le tournoi féminin où le commentaire, sur plans éloignés, se limita souvent à ça : « Untelle remporte le premier set (on voit un point), mais finalement c’est Lautre qui remporte le match ». On voit la balle de match et place à Kiki !